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Le blog de Paul Tian

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"Un politicien ne peut pas faire carrière sans mémoire, car il doit se souvenir de toutes les promesses qu'il lui faut oublier" (Frédéric Dard)


Toulouse : mort de trois personnes SDF en 10 jours, dans l'indifférence générale

Publié le 3 Décembre 2019, 16:44pm

Catégories : #SDF, #mort de la rue, #Toulouse, #GPS, #travail social, #politique, #Haute-Garonne, #précarité, #polémique

Toulouse : mort de trois personnes SDF en 10 jours, dans l'indifférence générale

En l'espace de dix jours, trois personnes SDF sont mortes dans les rues de Toulouse. Dans l'indifférence générale. 

Je publie ci-après, le communiqué de presse du Groupement Pour la défense du travail Social (GPS) :

Trois personnes SDF retrouvées mortes à la rue en 10 jours à Toulouse. C’était le 04, le 08 et le 14 Novembre 2019.

 

Le GPS (Groupement Pour la défense du travail Social), communique aujourd’hui sur la mort de trois hommes passée sous silence.

 

  • Un homme de 45 ans, vivant sous tente, retrouvé mort devant un Leader Price.
  • Un homme de 50 ans, amputé des deux jambes, retrouvé mort sur son fauteuil roulant sur le bord du canal.
  • Un homme de 32 ans, employé municipal, retrouvé mort sous le pont de la médiathèque où il dormait.

 

Dans l’indifférence générale, sans que personne ne parle de la mort de ces trois hommes, nous, travailleurs sociaux et médico-sociaux prenons la plume.

 

Non, la mort d’un être humain ne peut pas être banalisée, parce qu’il est en situation de pauvreté.

 

Non, il n’a pas choisi de vivre à la rue. Non, nous ne nous habituons pas à dénombrer des morts à la rue parce que ce serait une fatalité.

 

Le 115 de la ville de Toulouse est injoignable : en 2018, 95 % des appels ont été rejetés ou dissuadés (au-delà de 4 personnes en attente, les appels sont rejetés ("toutes les lignes sont occupées, veuillez renouveler votre appel ultérieurement") sans même aboutir au message du prédécroché.

 

Malgré cela le 115 enregistre en moyenne 245 demandes d’hébergement par jour.

 

En 2018, l’augmentation des demandes au 115 est de 13% par rapport à 2017 : soit 11 315 personnes différentes ou 6 653 ménages.

 

En 2018, pour les hommes, 44% des demandes d’hébergement n’aboutissent pas à l’obtention d’une place. Non seulement ce n’est pas satisfaisant mais en plus 75 % des orientations sur des places d’hébergement sont pour une nuit dans un gymnase.

 

A ce jour aucun gymnase n’est ouvert.

 

Avoir une place dans un gymnase pour une nuit signifie que tous les jours il faut rappeler le 115.

 

De plus, ouvrir un gymnase l’hiver, permet de faire des prises en charge quantitatives et non qualitatives, c’est permettre une survie dans des conditions précaires et non pérennes.

 

Dans ce contexte d’inaccessibilité de la ligne téléphonique du 115 d’une part et de place d’hébergement stable d’autre part, beaucoup de personnes SDF se résignent, n’appellent plus.

 

Nous, travailleurs sociaux et médico-sociaux, dénonçons une politique de l’hébergement déshumanisée, une politique sociale du chiffre et du calcul qui laissent une grande partie de la population sdf sur le carreau (notamment les bébés de plus de 6 mois et les femmes enceintes de moins de 8 mois de grossesse).

 

Des hommes meurent dans l’indifférence générale.

 

Nous ne pouvons pas tolérer une augmentation de la précarité sans l’application de réelles politiques publiques de lutte contre la pauvreté.

 

Nous ne pouvons accepter le mépris des politiques de toute une marge de la population stigmatisée et rendue coupable de sa propre situation de pauvreté."

 

Toulouse : mort de trois personnes SDF en 10 jours, dans l'indifférence générale
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