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Le blog de Paul Tian

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"Qui n’a pas quitté son pays est plein de préjugés"


Des vacances agitées en Martinique... en temps de Covid-19

Publié par Bernard Brando sur 19 Mars 2020, 12:09pm

Catégories : #Martinique, #vacances, #50 ans de mariage, #coronavirus, #Covid-19, #Bernard Brando, #Antilles, #Comminges

Des vacances agitées en Martinique... en temps de Covid-19

Nul ne pouvait prévoir, que les Antilles seraient aussi prises dans la tourmente du coronavirus.

 

Partis de Toulouse le 7 mars avec mon épouse et une amie Suisse pour fêter nos 50 ans de mariage. Tout a été réservé en mars 2019, époque où tout allé pour le mieux. Et 15 jours avant le départ le virus commence à faire parler de lui en Europe, au fil des jours il s’étend et prend de l’ampleur.

 

Pourtant l’Occitanie était à cet instant préservée. Ce n’est qu’une semaine avant notre départ, que quelques cas sont apparus, mais cela ne nous inquiétait guère.

 

Samedi 7 mars direction Toulouse et envol pour Paris malgré une heure de retard. Le Paris-Fort-De-France a aussi été retardé pour attendre d’autres passagers dans le même cas. L’arrivée prévue en Martinique était pour 17h (heure locale) soit minuit en métropole.

 

Mais nous avions un pilote malin. Il a changé de route passant au nord du Portugal et coupant directement sur les Antilles pour aller plus vite nous avons volé à 8.000 mètres au lieu des 12.000 mètres habituels.

 

Nous sommes donc arrivés à l’heure prévue. Le temps de récupérer nos bagages et le véhicule location, la nuit commence à tomber.

 

Sous ses latitudes à 18h 30 il fait nuit noire. Aussi difficile de nous repérer pour trouver notre logement chez l’habitant.

 

De plus mon GPS ne fonctionne pas, trop puissant pour l’ampérage de l’allume cigare.

 

Ça commence bien, tu arrives dans un pays où tu n’as plus mis les pieds depuis 30 ans, il fait nuit, tu n’as même pas une carte du pays puisque ton GPS est sensé marché, tu tournes depuis une heure sans trop savoir où tu vas, les vacances à la Martinique, commencent à me gonfler...

 

En dernier recours j’appelle mon hôte qui arrive vingt minutes après. Tout va bien dans le meilleur des mondes. On saute un repas car trop fatigués pour aller au resto du coin en bord de plage. On va se coucher et à 2 heures du matin heure locale, je suis réveillé, impossible de m’endormir alors j’ai passé la nuit sur le PC.

 

Les filles se lèvent à 8 heures on prend le petit déjeuner et on file au marché faire les courses.

 

Notre suissesse flashe sur une bouteille de rhum arrangé à la goyave juste pour goûter qu’elle a dit, en fait ce sont trois bouteilles que nous avons "goûté" durant notre première semaine.

 

On est vraiment antillais maintenant… la dernière achetée est presque vide, je pense que demain on achètera notre dernière pour terminer la semaine.

 

Après notre retour on se mettra à l’eau de Marignac sans rhum.

 

Nous sommes allés mardi à la "Baignoire de Joséphine" qui comme chacun la sait était la première femme de notre empereur Napoléon. L’histoire mais aussi le marketing on fait dire que dans sa jeunesse Joséphine venait se baigner ici. Difficile à croire quant on sait que sa résidence "les 3 ilets" est à l’autre côté de l’ile et que les voitures n’existaient pas.

 

De plus il faut faire 3 kilomètres en bateau pour y arriver. Mais qu’importe les haut-fond sont le prétexte à boire du punch et manger des tonnes d’accras avec une musique qui n’a rien à voir avec le musette si cher à mon épouse.

 

Eh oui chérie il faut se mettre dans le bain… nous avons rendu visite sur un ilet aux iguanes, puis nous avons manger un excellent repas avec une  langouste sur une ile privée où le regretté Carlos est venu faire la pub pour "Oasis c’est bon c’est bon" mais connaissant Carlos pour avoir fait la fête avec lui en d’autres temps je peux vous assurer que le punch a aussi coulé à flots et que ce n’était pas un adepte d’Orangina.

 

Bref notre séjour s’coulait tranquille entre la plage, la mer, le soleil, le punch, bien loin du coronavirus.

 

Mais petit à petit il a décidé lui aussi de venir au soleil avec ses copains.

 

Petit à petit quelques cas sont apparus. Un bateau de croisière à été mis en quarantaine lundi 9 mars dans la rade de Fort-De-France quelques cas ayant été détectés.

 

Puis c’est autour la Martinique, coronavirus s’invite auprès de la population. Rien de bien méchant. Les antillais qui sont des personnes cool, vaquent comme toujours à leurs occupations. Les magasins sont pleins de touristes qui dépensent à tout va, les routes sont saturées à l’heure de pointe et même après.

 

Pour tous, le coronavirus n’est pas un tracas, d’ailleurs personne ne s’en soucie, la vie continue comme avant.

 

Mais lundi 16 mars tout change, là la panique s’empare des touristes et des locaux, pour sortir il faut montrer pattes blanches.

 

Aussitôt les plages se vident : nous avions 2 kilomètres de plage pour nous trois. Plus de problème de stationnement. Tout le monde a disparu.

 

A Sainte-Luce, Sainte-Anne et bien d’autres village, plus un magasin n’est ouvert hormis ceux prescrits par le gouvernement, plus de punch attablé au bord de mer c’est fermé.

 

Touristes et locaux se ruent sur les petits supermarchés qui n’ont rien à voir avec les nôtres.

 

En quelques heures c’est la razzia sur les stocks de nourritures et sur les boissons.

 

Si bien que mardi soir le petit supermarché à 200 mètres de mon domicile a mis la clé sous la porte à 17 h : plus rien à vendre.

 

L’ile s’enferme petit à petit sur elle-même. Elle commence seulement à prendre conscience de la gravité de la situation et comme en métropole, plus de masque, de liquide hydroalcoolique, seul le punch est encore en circulation… ce qui est frappant ce sont tous ces villages au bord de la mer qui, il y avait 48h, fourmillaient de monde, les magasins, restaurants, bars étaient bondés de touristes.

 

Aujourd’hui ce ne sont que des rideaux baissés, des rues vides et chacun se protège comme il peut.

 

C’est un coup dur pour l’économie locale, tous ces petits commercent faisaient le charme de l’ile, cette joie de vivre qu’ont les antillais a disparu la peur et le regard de l’autre a pris le dessus.

 

Texte et photos © Bernard Brando

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