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Le blog de Paul Tian

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Depuis que j'écris des conneries sur les réseaux sociaux, certaines personnes m'évitent, j'aurai dû commencer plus tôt. (Sandrine Fillassier)


Aspet. Quatre écrivains en dédicace : entretien avec Thierry Benoit (4)

Publié par Paul Tian sur 21 Juillet 2020, 15:02pm

Catégories : #litterature, #culture, #polar, #Aspet, #Comminges, #ThierryBenoit, #Lerouge et Lenoir, #CélineServat, #CélineDenjean, #GuillaumeCoquery

Aspet. Quatre écrivains en dédicace : entretien avec Thierry Benoit (4)

C'est un "mini" Salon du polar qui va se tenir, ce samedi 25 juillet à la Maison de la Presse d'Aspet, de 9h30 à 12h30.

A cette occasion, j'ai souhaité m'entretenir avec les quatre auteurs qui seront présents ce jour-là. 

Après Céline Servat, Guillaume Coquery, Céline Denjean , c'est Thierry Benoit auteur de "Lerouge et Lenoir" publié aux éditions "Jacques Deriac" qui répond à mes questions, non sans humour :

"Lerouge et Lenoir" est votre dernier roman publié.  Pouvez-vous résumer son intrigue pour mes lecteurs ?

 

D’abord, soyons clair, aucun rapport avec Stendhal. Et, soyons magnanime, je ne lui en veux pas d’avoir plagié mon titre. "Lerouge et Lenoir" sont les pseudonymes de deux personnages, deux tueurs à gage qui traquent et que traquent les deux héroïnes de mon polar. Cette chasse à l’homme réciproque a pour toile de fond un réseau international de narcotrafiquants. Mais pour cadre un tout petit espace géographique, le Volvestre, entre Ariège et Haute-Garonne.

 

Parlez-moi de vos autres romans ?

 

"Lerouge et Lenoir" est la suite de mon premier polar : "Sans homicides fixes" (aux éditions Cairn), l’histoire d’un SDF accusé d’un meurtre atroce qu’il n’a pas commis et pour qui le seul moyen d’échapper à l’arrestation est de découvrir lui-même le vrai coupable.

Mais comment fait-on quand on n’a ni abri, ni argent, ni réseau d’amis, ni voiture, ni portable...?

Il sera toutefois aidé par cinq autres personnages qui, chacun pour des raisons personnelles et très différentes de l’un à l’autre, seront conduits à se mêler de l’affaire.

Là aussi, l’histoire se déroule entre le Volvestre et Toulouse et puise certains de ses ressorts dans le passé proche (Seconde guerre mondiale) ou lointain  (Moyen-Âge) de cette région.

 

Quand écrivez-vous ? Avez-vous un "rituel d’écriture", des horaires ?

 

J’écris à la plume d’oie, le corps tourné vers l’ouest, entre 7h32 et 8h17 après avoir mangé deux olives noires et bu un demi verre de Romanée Conti !

Non, en vérité je n’ai aucun rituel, je suis trop négligent pour ça, et heureusement vu le prix du Romanée Conti...

Je peux passer plusieurs mois sans écrire un mot : il faut savoir soulager ses lecteurs.

 

Pouvez-vous me dire comment l'écriture est née chez vous ?

 

Un jour où je m’ennuyais au travail devant un écran d’ordinateur. J’étais censé épauler des employés à l’utilisation d’un nouveau logiciel, mais ils se débrouillaient très bien sans moi. Être vissé à un clavier pendant de longues journées sans rien avoir à faire, voilà d’excellentes conditions pour se lancer dans l’écriture.

J’ai commencé comme ça, ne le dites pas à mon employeur d’alors.

Après, le goût d’inventer des histoires et d’en être le premier découvreur a fait le reste.

 

Que représente l'écriture pour vous ?

 

Un amusement ou une corvée, ça dépend des jours. Mais je suis désormais à la retraite, je ne suis donc plus très jeune et je touche une pension, deux bonnes raisons pour ne pas courir après un hypothétique avenir dans l’écriture. Je continue donc uniquement par plaisir et, les jours corvée, je m’abstiens.

 

Avez-vous un prochain roman en cours ?

 

La suite des deux premiers. Je me suis attaché à mes personnages, je ne veux pas les laisser tomber. Autrefois, quand j’entendais un écrivain dire ce genre de choses, je pensais (et c’est sans doute souvent vrai) que c’était de la com, mais je dois avouer que je m’y suis laissé prendre.

Dans le prochain polar on retrouvera donc les six personnages principaux des deux premiers tomes et quelques petits nouveaux. Ils sont confrontés à des groupes politico-sectaires aux théories nauséabondes.

L’intrigue se déroule toujours dans le Volvestre et s’appuie sur quelques vieilles histoires et coutumes du pays : un quadruple meurtre qui a terrorisé l’Ariège à la fin du 19è siècle, une fête de village très particulière dont l’origine remonte encore plus loin, etc...

Parution à la fin de l’année... s’il n’y a pas eu trop de journées corvée !

 

Comment vous viennent les intrigues de vos romans ?

 

Mes polars se bâtissent plus autour des personnages qu’autour de l’intrigue. Ce sont eux qui l’influencent. Je n’ai au départ qu’une idée très générale de l’histoire, tout au plus de la fin.

Je suis incapable d’établir un plan, les idées viennent au cours de l’écriture, ce qui devient parfois compliqué quand, en s’approchant de la conclusion, il faut renouer les fils et modifier dix chapitres déjà écrits. Je ne nie pas que certains lecteurs puissent trouver mes intrigues trop compliquées, mais si c’est trop simple j’y perds ma motivation à écrire : il faut que l’histoire me surprenne moi aussi, m’emmène là où je ne m’attendais pas.

 

Que vous apporte la rencontre avec vos lecteurs lors des séances de dédicace ?

 

En général, quand quelqu’un vient à une dédicace, il a aimé le livre. C’est bon pour le moral. Ou il ne l’a pas encore lu et il vient vous l’acheter. C’est bon aussi... pour le porte-monnaie.

Mais, plus sérieusement, les dédicaces sont des moments trop courts pour parler en profondeur d’un livre.

J’ai participé à un Salon à Rieux-Volvestre intitulé "Emprunte un écrivain" (j’espère qu’il sera renouvelé cette année) ou le lecteur pouvait vous kidnapper trois-quarts d’heure pour discuter de votre livre.

C’était formidable. De vrais critiques pleines de leçons pour le prochain roman. Sinon vous naviguez entre le lecteur ou la lectrice qui, sur Internet, vous assène que le bouquin lui est tombé des mains et qu’il (ou elle) n’a pas dépassé la page 10, mais ça ne vous avance pas à grand-chose, et celui ou celle qui vous dit que depuis, il (ou elle) n’a plus de goût à ouvrir un autre bouquin, ce qui est très flatteur mais ne vous avance pas plus.

 

Comment s'est passée la période de confinement ?

 

Bien pour les conditions (jardin, farniente, tranquillité). Mal pour mon troisième polar. L’actualité était si extraordinaire que tout ce que j’écrivais (voire ce que je lisais) me paraissait fade. La fiction était dépassée. J’ai vite remisé mon ordinateur et ne m’y suis remis que depuis peu.

 

Quels livres allez-vous amener pour vos prochaines vacances ?

 

Un seul dont je sois sûr. "Nous devions le faire, nous l’avons fait, c’est tout" de l’historien Patrick Cabanel. Une histoire de la résistance dans les Cévennes. Et bien sûr, "Double amnésie" de Céline Denjean, "Internato" de Céline Servat et "Oskal" de Guillaume Coquery (avec un peu de chance, ils me paient le repas après les dédicaces du 25 juillet).

 

Pouvez-vous vous présenter à mes lecteurs ?

 

Je suis aujourd’hui retraité, après avoir exercé plusieurs métiers : employé de bureau, instituteur, menuisier, correcteur, journaliste, serveur…

Quand je suis arrivé dans la région toulousaine il y a vingt-cinq ans (je venais de Paris), on m’a dit : "mille métiers, mille misères", ce qui n’est pas totalement faux, mais pas suffisamment vrai pour effrayer mon banquier.

Sinon, j’ai eu une enfance malheureuse, ma femme s’apprête à me quitter et mes enfants à me déshériter.

Je m’accroche à un dernier espoir : que les lecteurs viennent nombreux le 25 à Aspet...

Aspet. Quatre écrivains en dédicace : entretien avec Thierry Benoit (4)
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